De l’or, beaucoup d’or en Haiti, par Jean Erich René

De l’or, beaucoup d’or en Haiti, par Jean Erich René

Samedi, 20 Février 2010 16:08
Le Peuple Haitien a de quoi financer sa construction. Au moment où Haiti fait figure du pays le plus pauvre du monde sur toutes les chaines de télévision, nous avons la grande déception de constater comment le PM Jean Max Bellerive traite la question de l’or et du pétrole en Haiti avec un certain scepticisme. Il va jusqu’à ignorer un contrat important d’exploitation de l’or en Haiti conclu en 2007 entre le Gouvernement de René Préval et la Eurasian Pacific, dont le siège social se trouve à Vancouver, Canada. Le PDG a déclaré que sa Compagnie se positionne comme la première entreprise du monde en matière d’exploitation des mines d’or.

Pour la plus complète édification du PM nous reprenons l’article que nous avons publié le 19 décembre 2008. Nous prenons la sage précaution de reproduire le texte du contrat d’exploration en anglais aussi bien que les liens électroniques y afférents versés dans les dossiers publics, en vertu des lois canadiennes sur la transparence des affaires, par la Eurasian Mineral Inc le le 17 décembre 2008 à 08:29 . Nous sommes prêts pour les discussions

Un pays vendu en cachette

Jean Erich René

19 déc. 08

Texte traduit de l’anglais

Eurasian Minerals Inc. acquiert 27 permis d’exploration en Haïti et la Mine historique d’or et de Cuivre de Meme.

17 Décembre 2008

VANCOUVER (Marketwire) – Eurasian Minerals Inc.

(La ” ; Compagnie” ; ou ” ; EMX” ;) (ENTREPRISE DE TSX : EMX) est heureuse d’annoncer qu’il lui a été attribué vingt-sept nouveaux permis d’exploration dans le Nord d’Haïti. Cette nouvelle transaction immobilière en association avec EMX dont les permis précédents ont accordé à la Compagnie la concession de 130 kilomètres de terre le long de la rive où émerge une nouvelle ceinture d’or. La mine historique de cuivre et d’or de Meme est incluse dans le nouveau permis de concession. Toutes les nouvelles propriétés sont portées à l’actif de la Compagnie : Alliance régionale d’exploration avec Newmont Ventures Ltd (” Newmont”)

Contrat d’exploration de EMX en Haïti.

Les vingt-sept nouveaux permis accordés à EMX par le Bureau des Mines et de l’Énergie de la République d’Haïti, couvrent 230.560 hectares dans le Nord d’Haïti. La superficie d’exploration de EMX totalise maintenant 281.858 hectares et couvre approximativement la moitié de la ceinture métallogénique du massif du Nord d’Haïti (voir svp la carte ci-jointe : ). http://media3.marketwire.com/docs/emx1217.pdf. Cette ceinture régionale minéralisée est composée d’un assemblage de cuivre, d’or et d’argent formé tôt dans l’arc insulaire, situé le long de la côte nord de la plaque tectonique des Caraïbes et devient le siège des projets d’exploitation minière de EMX à La Miel et à Champagne aussi bien que le dépôt de Viejo Pueblo dans le pays adjacent, la République Dominicaine. Pueblo Viejo a 215 millions de tonnes de réserves certifiées contenant probablement 20.4 millions onces d’or, 117.3 millions onces d’argent et 423.5 millions de livres de cuivre, en date du reportage de la fin de l’année 2007 (www.barrick.com). EMX et son associé d’exploration Newmont explorent agressivement le contrat de la Compagnie et se positionne comme la première entreprise du monde en matière d’exploitation des mines d’or. Pour plus d’informations, veuillez consulter le site Web de la Compagnie à l’adresse suivante : www.eurasianminerals.com

Mine historique de Meme.

Deux des nouveaux permis, totalisant 18.600 hectares, sont situés dans les parages de la zone historique de mine de cuivre et d’or de Meme et d’extraction de Terre Neuve. La mine de Meme était en activité d’exploitation principalement durant les années 60, et produit approximativement deux millions de tonnes de minerai de cuivre évalué à 2.0% à partir de cinq niveaux de fonctionnement extraits par plusieurs voies d’accès (Kesler, 1968 ; Louca, 1989). La minéralisation du cuivre et de l’or est associée à trois petites intrusions qui sont présentes dans la branche de la zone structurale du nord-ouest, avec la mine de Meme située à la pointe sud-est de cette formation.

Un compte rendu succinct des Nations Unies rédigé par Louca en 1989 indique que la mine de Meme contient une ressource historique 1.5 millions de tonnes de 2.0% d’or et 2.0 g/t de cuivre. Cette évaluation historique de ressource est correcte, mais ne tombe pas en adéquation avec l’Instrument National 43-101 ou CIMM des normes de reportage des ressources. Une personne qualifiée n’a pas effectué le travail suffisamment bien pour classifier l’évaluation historique comme ressources minérales ordinaires et EMX ne traite pas l’évaluation en tant que ressources minérales ordinaires. L’évaluation historique ne peut pas être déclarée jusqu’à ce qu’elle puisse être confirmée par la Compagnie. La minéralisation de l’or et du cuivre est également relevée dans les prospections de Casseus, situé à deux kilomètres au nord-ouest de Meme. La compagnie évaluera la mine de Meme, le potentiel de Casseus et le paquet entourant l’aire de son permis afin d’identifier les cibles additionnelles de minéralisation et d’exploration d’or et de cuivre.

Alliance régionale d’exploration.

Les nouvelles propriétés en Haïti sont couvertes par une alliance régionale d’exploration de Newmont. Aux termes de cet accord, les compagnies investiront conjointement dans un rapport de 65% avec Newmont et 35% pour EMX commençant en 2009 (voir le communiqué de presse de compagnie daté du 28 avril 2008). Newmont a débuté une enquête magnétique aérienne sur la zone de concession de la Compagnie au nord d’Haïti au début du mois de décembre.

NOTE : Pour visualiser la carte associée à cette concession, cliquer svp sur le lien suivant : http://media3.marketwire.com/docs/emx1217.pdf. Cliquez sur Haïti et descendez jusqu’au bas de la feuille pour relever indivisuellement les sites aurifères.

EMX est en train d’explorer et d’investir dans une propriété minière et un contrat minier de première classe et l’un des plus prometteurs pour l’avenir, mais au niveau des ceintures minérales sous explorées du monde. Le directeur en Haïti de la Compagnie d’exploration, Keith A. Laskowski, MSC. est une personne imbue de l’instrument 43-101 concernant les Normes et les Déclarations des projets miniers des administrateurs canadiens en matière de sécurité et il a examiné et vérifié l’information technique contenue dans ce communiqué de presse.

Rapport expédié

Certains points de ce communiqué de presse contiennent des informations impliquant le risque inhérent et l’incertitude affectant les résultats réels des affaires d’Eurasian Minerals Inc. peuvent différer matériellement de ceux prévus actuellement dans de tels rapports.

Observations de Jean Erich René

Selon les rapportsdu Bureau des mines :

1.-Non loin du Borgne et près de St Louis du Nord se situent les mines d’or de Lamine notamment à :

Colombo
La Mine
Rivière des Barres
Treuil

2.- Les mines d’or de la Miel sont localisées dans le Plateau Central près de Hinche au niveau de la frontière haïtiano-dominicaine notamment à :

Bois de Laurence
Grande Savanne
Savanne La Place
Et bien d’autres points dans le Nord circonscrits par Limbé,Terre neuve, Milot. Pignon, Marmelade, Vallières http://www.eurasianminerals.com/s/Haiti Cliquez sur les deux premières cartes

Remarque importante :

Le Gold Exchange Standard c’est-à-dire l’évaluation de la richesse d’une Nation ou encore son pouvoir de frapper monnaie à partir de ses réserves d’or dans le Massachusetts est en voie de retour. La chute du marché financier provoquée par sa volatilité à cause de la Théorie néo-libérale a porté les économistes à recommander vivement la réapparition du Gold Exchange Standard. L’ancien système de Brettons Wood qui s’est effondré au milieu des années 1970 par la suite du Choc pétrolier, est prescrit comme un remède très efficace à la récession économique qui s’abat sur l’économie mondiale. Les Grandes Puissances, dans le plus grand secret, sont en train d’acheter et de récupérer l’or partout dans le monde pour renflouer leurs caisses. Haïti va-t-elle perdre cette chance extraordinaire que lui réserve la main divine à cause des antinationaux au pouvoir ? Au péril de ma vie, non ! Il faut des braves pour tirer de leurs griffes un pays vendu en cachette et à bon marché afin de garantir la souveraineté alimentaire et économique d’Haïti. Il est temps que nous prenons en main notre destinée. Jean Jacques Dessalines, Christophe, Pétion était des hommes comme nous. Mourir est beau pour la Patrie.

Voici la version anglaise du texte

Eurasian Minerals Inc. Acquires 27 Exploration Licenses in Haiti and the Historic Meme Copper-Gold MineDec 17, 2008 – 08:29

VANCOUVER (Marketwire) – Eurasian Minerals Inc. (the “Company” or “EMX”) (TSX VENTURE:EMX) is pleased to announce it has been awarded twenty-seven new exploration licenses in northern Haiti. This property package, in combination with EMX’s previous license awards, gives the Company a commanding land position along 130 kilometers of strike length in an emerging new gold belt. Included in the new license grant is the historic Meme copper-gold mine. All of the new properties are subject to the Company’s Regional Exploration Alliance with Newmont Ventures Ltd. (“Newmont”).

EMX’s Exploration Portfolio in Haiti.

EMX’s twenty-seven new licenses, granted by the Bureau of Mines and Energy, Republic of Haiti, cover 230,560 hectares in northern Haiti. EMX’s exploration land holdings now total 281,858 hectares, and cover approximately half of the Massif du Nord metallogenic belt in Haiti (please see attached map). This regional scale gold-silver-copper mineralized belt consists of an early Cretaceous island arc assemblage, located along the northern margin of the Caribbean tectonic plate, and hosts EMX’s La Miel, La Mine, and Champagne projects, as well as the Pueblo Viejo deposit in the adjacent Dominican Republic. Pueblo Viejo has 215 million tons of proven and probable reserves containing 20.4 million ounces of gold, 117.3 million ounces of silver, and 423.5 million pounds of copper as of year-end 2007 reporting (www.barrick.com). EMX, and exploration alliance partner Newmont, are aggressively exploring the Company’s extensive property portfolio in what is gaining recognition as one of the world’s premier, early stage gold exploration terrains. Please see the Company’s web site at www.eurasianminerals.com for more information.

Historic Meme Mine.

Two of the new licenses, totaling 18,600 hectares, are centered over the historic Meme copper-gold mine and Terre Neuve mining district. The Meme mine was an underground operation primarily active during the 1960s, and produced approximately two million tonnes of ore grading 2.0 % copper from five working levels accessed by a series of adits (Kesler, 1968 ; Louca, 1989). Copper and gold mineralization is associated with three small intrusions that are present within a northwest trending structural zone, with the Meme mine located at the southeast end of this trend. Louca’s 1989 United Nations summary report indicates that the Meme mine hosts a historic resource of 1.5 million tones grading 2.0% copper and 2.0 g/t gold. This historic resource estimate is relevant, but does not meet National Instrument 43-101 or CIMM resource reporting standards. A qualified person has not performed sufficient work to classify the historical estimate as current mineral resources, and EMX is not treating the estimate as current mineral resources. The historical estimate should not be relied upon until it can be confirmed by the Company. Gold and copper mineralization is also present at the Casseus prospect, located two kilometers to the northwest of Meme. The Company will evaluate the Meme mine, Casseus prospect, and surrounding license package to identify additional gold and copper mineralization and exploration targets.

Regional Exploration Alliance. The new properties in Haiti are covered by a Regional Exploration Alliance with Newmont. Under this agreement, the companies will jointly fund exploration with Newmont funding 65% and EMX funding 35% starting in 2009 (see Company news release dated April 28, 2008). Newmont commenced a regional airborne magnetic survey over the Company’s entire northern Haiti property package in early December.

NOTE : To view the map associated with this release, please click the following link : http://media3.marketwire.com/docs/emx1217.pdf.

EMX is exploring and investing in a first class mineral property and royalty portfolio in some of the most prospective, but under-explored mineral belts of the world.

The Company’s Exploration Manager, Haiti, Keith A. Laskowski, MSc. is a Qualified Person for the purposes of National Instrument 43-101 Standards of Disclosure for Mineral Projects of the Canadian Securities Administrators, and has reviewed and verified the technical information contained in this news release. Forward-Looking Statement

Some of the statements in this news release contain forward-looking information that involves inherent risk and uncertainty affecting the business of Eurasian Minerals Inc. Actual results may differ materially from those currently anticipated in such statements.

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Haïti : Luttes de pouvoir et identité nationale

Haïti : Luttes de pouvoir et identité nationale

Pour ne pas se maintenir dans l’élémentaire, un effort considérable est nécessaire en abordant les questions controversées. Dans le cheminement qui va du rationnel au réel, il importe de dépasser les inconsistances des luttes de pouvoir pour arriver à une adéquation réussie. Même l’application d’une logique rigoureuse ne met pas à l’abri des contradictions. L’utilisation parallèle des drapeaux bleu et rouge d’une part et noir et rouge d’autre part n’a pas créé une ambigüité heureuse en Haïti. L’organisation sociale sortie de la guerre de l’indépendance a créé de nouvelles contradictions au niveau des forces et des rapports de production. Le bleu et rouge a symbolisé les forces du sommet de la pyramide sociale tandis que le noir et rouge reflète plutôt celles de la base. Les luttes pour le pouvoir ont obligé les protagonistes à prendre parti pour l’une ou l’autre de ses interprétations possibles des couleurs du drapeau national. On a vu les partisans du noir et rouge ou du bleu et rouge se contredire eux-mêmes au fil des ans ou se contredire entre eux. Qu’il s’agisse de Timoléon Brutus [1] présentant le drapeau de l’Arcahaie aux couleurs bleu et rouge d’abord, puis des années (en 1953) plus tard le décrivant noir et rouge. Qu’on se réfère à Michel Aubourg [2] et Hénock Trouillot [3] parlant du drapeau noir et rouge créé à l’Arcahaie par Dessalines.

Gérer la complexité

Les couleurs et les dispositions verticale ou horizontale des bandes du drapeau reflètent la conscience raisonnée des malheurs d’Haïti. Elles reflètent les problèmes principaux auxquels la société haïtienne est confrontée depuis sa genèse. Du bleu et rouge au noir et rouge, on assiste à une « refabrication » de l’histoire au gré du mouvement pendulaire des élites contrôlant le pouvoir politique. Les cas particuliers deviennent des généralités et le terrain est favorable à la caricature. Conscient de l’imbroglio, le président Dumarsais Estimé n’avait pas trouvé mieux que de nommer une commission d’historiens et d’experts en 1948 afin de faire la lumière sur la question de la couleur du drapeau haïtien. Cette commission était composée des historiens et personnalités Pierre Agnant, Félix Diambois, Luc Grimard, Antoine Levelt, Princivil Pierre, Lorimer Denis, Luc Dorsainville, Mentor Laurent et Louis Maximilien. Le verdict de la commission est que le drapeau bleu et rouge aux bandes verticales a été créé en février 1803 à la Petite-Rivière de l’Artibonite par Dessalines qui le présenta aux autres généraux à l’Arcahaie le 18 mai 1803. Cette mythologie des origines n’a pas plu à François Duvalier qui est revenu au symbole noir et rouge en 1964. La déstabilisation subtile de la pluralité des drapeaux bleu et rouge et noir et rouge dérange d’autant plus que l’utilisation du noir et rouge renvoie à ces soldats de l’armée indigène déclarés chefs de bande par les dirigeants qui s’étaient rendus aux Français.

Comme l’a montré Odette Roy Fombrun [4] dans une analyse pénétrante de l’habillage différent de l’étendard haïtien de 1803 à nos jours, Alexandre Pétion n’est pas le créateur du drapeau bleu et rouge aux bandes verticales. Avec la musique de la politique de doublure, il en est plutôt le commanditaire pour avoir très largement influencé le choix en février 1803 après la bataille de Pierroux, localité proche de l’Arcahaie. Odette Roy Fombrun prend le contrepied des thèses développées par les historiens Madiou, Ardouin, Saint-Rémy, les frères Bonaparte Auguste [5] qui déclarent que Pétion créa le drapeau bleu et rouge à l’Arcahaie le 18 mai 1803. De toute façon, Pétion rétablit le drapeau bleu et rouge aux bandes horizontales en 1806, comme elles étaient le 1er janvier 1804. Tel est le drapeau national jusqu’en 1964. Depuis, à force de matraquage, les têtes ont été ramollies avec ces couleurs qui reviennent en force en 1986. La stratégie pour gérer la complexité a été bien rodée. On a attendu que le fruit noir et rouge pourrisse sous les coups de la répression des régimes autoritaires de Dessalines, Christophe et Duvalier, et une fois qu’il est tombé, on l’a remplacé par l’étendard bleu et rouge aux bandes horizontales. En suivant le parcours des couleurs du drapeau national, on suit les luttes de classe au sein du tissu productif et dans l’imaginaire mais aussi l’enchaînement des erreurs qui ont conduit au fiasco monumental d’aujourd’hui. En ce sens, la couleur du drapeau n’est pas superficielle.

L’adoption du bleu et rouge a marginalisé les partisans du noir et rouge. Cette adoption refuse la dynamique autocentrée et participe du refus de faire participer les masses au projet d’édification de la société. La cohésion sociale nécessaire pour faire avancer le projet national a été détruite. Les demandes pour une économie sociale, solidaire et plurielle ont été abandonnées. L’absence de vision nationale de développement a avalisé la colonialité dans une grande confusion sur ce que nous sommes et comment nous nous identifions par rapport à notre terre, à nos parents, à nos racines, à nous-mêmes, et au monde. Cela a de sérieuses implications sur notre volonté de vivre ensemble sur la terre d’Haïti. Plus graves que les fractures, notre pays est accablé de fissures qui n’ont pas attendu le tremblement de terre du 12 janvier 2010 pour se manifester. Comme on le sait, c’est toujours trop tard pour les fissures tandis que les fractures peuvent être corrigées.

Un exemple de fracture

Qu’on pense au fait que lors des débats autour des couleurs du drapeau haïtien en 1843, certains voulaient devant l’insistance de certains Constituants à déclarer que les couleurs bleu et rouge symbolisent l’union des Noirs et des Mulâtres, que le drapeau soit plutôt noir et jaune, cette dernière couleur représentant mieux le Mulâtre que le rouge. Devant la volonté de certains de noircir le bleu, Dumai Lespinasse, un des pères de la Constitution libérale de 1843, devait, en déclinant les différentes nuances du Mulâtre, qu’on appelle encore Sang-mêlé, dire avec une note d’humour : « sang-mêlé, il y avait des nuances diverses : le jaune foncé, le jaune clair, le très clair, le brun, le très brun, et qu’en conséquence, il votait pour un drapeau noir d’un côté, multicolore de l’autre [6]. » Après cette intervention, les débats seront clos avec l’adoption du drapeau bleu et rouge.

Le combat des structures contre les événements est perceptible dans le ciel des couleurs du drapeau haïtien. Loin de toute volonté de synthèse et de réconciliation. D’un côté, c’est le drapeau bleu et rouge issu du drapeau français amputé de la couleur blanche. De l’autre, c’est le drapeau noir et rouge des chefs de bande Lamour Dérance et autres. L’être haïtien est divisé dans un cauchemar qui empêche une alliance avec l’histoire. Son cerveau est maintenu sous une nappe de brouillard qui ne laisse percer que de faibles lueurs.

La légende du drapeau bleu et rouge de l’Arcahaie est battue en brèche par l’histoire cachée de cette barge saisie au cours d’une bataille navale entre des forces françaises sous le commandement du capitaine français Yves Marie Bot et celles des insurgés sous le commandement du général Pierre Cangé de Petit-Goâve, revenant de cette rencontre historique du 18 mai 1803 à l’Arcahaie où se sont forgés et scellés les fondements de la stratégie de la guerre de l’indépendance. Cette bataille navale du 19 novembre 1803 offre un miroir et un reflet de la réalité de ce qui s’était passé à l’Arcahaie la veille. Le nommé Jean-Pierre, Nègre Congo qui fut capturé par les forces françaises, seul survivant de la barge de l’héroïque commandant Laporte qui donna sa vie pour sauver celle du général Cangé et des occupants des trois autres barges des insurgés qui purent ainsi s’enfuir, dit réellement ce qui avait eu lieu à l’Arcahaie. Le rapport fait par le commandant français Yves Marie Bot à l’amiral Latouche-Tréville concernant l’événement du 18 au 19 mai 1803 ampute l’histoire officielle haïtienne de sa prétention absolutiste. La certitude du drapeau bleu et rouge créé à l’Arcahaie prend de l’eau de toutes parts. En effet, selon le rapport du commandant de vaisseau français Yves Marie Bot adressé à l’amiral Latouche-Tréville, la barge des indépendantistes La Victoire capturée contenait « un pierrier et neuf fusils en mauvais état, ainsi qu’un pavillon de couleur rouge et noire, ayant l’inscription de Libre ou Mourir [7]. » Un autre élément à prendre au sérieux indiquant la présence du drapeau noir et rouge est bien cette carte en couleur établie par l’état-major français lors de la prise de Jacmel le 27 septembre 1803 par Rochambeau. Cette carte révèle les positions des protagonistes sur le champ de bataille avec d’un côté des drapeaux bleu, blanc et rouge pour les forces françaises et de l’autre des drapeaux bleu et rouge, mais aussi noir et rouge pour les insurgés. Le drapeau de l’insoumission au colon blanc avait toutes les couleurs y compris celles des lwa : rouge pour Ogou, bleu pour Zaka, vert pour Simbi. Une opposition multicolore qui n’avait rien de folklorique et que le colon blanc prenait au sérieux. Tout le drame national vient justement du refus de cette multiplicité, de la marginalisation de ces derniers drapeaux considérés comme hérétiques et de la négation de cette diversité représentant la totalité de l’univers haïtien.

Les gardiens des frontières idéologiques du mulatrisme dominant n’en restent pas là dans leur combat séculaire contre leurs adversaires noiristes. Pour parfaire leur hégémonie et imposer leur « image somatique idéale », ils enlèveront les pages de l’opuscule intitulé « Précis des Opérations de Brumaire : affaire du 26 », soit le 18 novembre, dans lequel l’officier de vaisseau Babron consigne l’épisode décisif de la bataille de Vertières. Pour conforter la vision du drapeau bleu et rouge et empêcher que soit révélée la couleur du bicolore flottant à Vertières, des historiens haïtiens, et pas des moindres comme Beaubrun Ardouin et Pauléus Sannon, insistent pour garder le contrôle des esprits et ainsi l’influence politique d’un groupe social au détriment de la vérité. Rien donc d’étonnant que la censure soit appliquée sur la phrase de l’officier de vaisseau Babron qui dit : « À 10 h du matin, l’étendard indigène noir et rouge flottait sur plusieurs de nos postes que nous avions été contraints d’évacuer [8]. »

L’établissement de la pensée unique au sujet de la couleur du drapeau n’a pas eu l’effet revigorant attendu. Cette pensée unique a, en refusant l’imaginaire noir et rouge, effacé la pensée en général dans les affaires de la Cité. Non seulement les repères ont été brouillés, mais aussi la confusion s’est installée. L’air neuf qu’on pensait installer avec la double unité des anciens et des nouveaux libres dans un ensemble aux multiples formes s’est révélé plutôt une vaste dérive conduisant à la marginalisation de la grande majorité de la population. Celle des chefs de bande qui sont toujours restés fidèles au projet de liberté pendant que certains des pères fondateurs débarquaient dans les soutes de l’expédition Leclerc (Rigaud, Pétion, Boyer, Geffrard) tandis que les autres se soumettaient à l’expédition (Dessalines, Christophe, Soulouque). Les élites militaires de la nouvelle nation ont refusé de leur donner la place qui leur revenait de droit sous le prétexte qu’ils adoraient des objets inanimés. Marginalisation des masses et de leur drapeau noir et rouge. Marginalisation de la majorité, au nom de la modernité. Récupération de ce drapeau noir et rouge par le duvaliérisme, comment et à quel prix ? Comment l’élan multicolore vers l’idéal de liberté a-t-il pu connaître des avatars aussi médiocres ?

Répondre à ces questions revient à explorer le travail de la représentation qui code les couleurs dans le monde des symboles. En effet, il faut aller au niveau de la représentation pour analyser les couleurs du drapeau haïtien sujettes à maintes controverses. Ces couleurs bleu, noir et rouge sont symboliques dans un marché où le blanc demeure la couleur de référence des élites colonisées. Les anciens libres avec Alexandre Pétion arrivent à tirer les profits symboliques du bleu et rouge. Mais si l’attraction de la couleur rouge est partagée par les protagonistes qui y voient le symbole du sang versé pour la conquête de l’indépendance, le bleu et le noir les divisent. Si le noir ne fait pas chic et est plutôt étrange dans certains esprits, le bleu semble plus inspirateur et apaisant pour d’autres qui veulent se démarquer de toute ressemblance avec une couleur qui renvoie au diable et qui préfèrent s’associer à la couleur du ciel vue comme celle de l’éternité.

Le support idéal semble être le bleu et rouge qui domine l’histoire nationale. Comprendre la part de chacun dans le sac à souffrance de la société haïtienne, c’est analyser le merveilleux malheur de l’adoption du drapeau bleu et rouge, la multitude de significations qu’il représente, la mythologie et les mentalités qui se croisent dans ce symbole et enfin la fiction et l’idéologie qui s’enchevêtrent pour produire le masque de la personnalité complexe de l’Haïtien. Le drapeau bleu et rouge a la cote avec son visage humain et sa façade progressiste. Toutefois son triomphe masque une crise profonde qui est celle de la victoire des structures sociales d’apartheid qui minent le tissu social. L’esprit de résistance qui avait animé les actions des marrons de la liberté est remplacé par un compagnonnage avec une idéologie compassionnelle aux effets salvateurs évanescents. La transformation radicale du système social hérité de la société coloniale esclavagiste est renvoyée aux calendes grecques, sinon aux calendes haïtiennes !

La dictature duvaliériste avec le succès dérisoire de ses tontons macoutes ne fera pas mieux dans le dévoiement du mécontentement populaire. Il importe de bien comprendre comment Duvalier en instrumentalisant le drapeau noir et rouge pour ses propres fins d’horreur jette un discrédit sur ce qui devrait être le symbole du respect. Ainsi les masses populaires deviennent les contempteurs de leur drapeau. Le destin haïtien se déploie dans le refus de la généalogie et de la vérité. Les obsessions du jour font l’histoire et sont à son service sur la voie qui va du salut à l’Apocalypse. Le refus général de l’objectivité fait endosser aux nouvelles générations les crimes de leurs ainés dans une ritournelle qui falsifie l’histoire et empêche de comprendre le présent. Le dévoiement de la société haïtienne ne serait-il pas là, dans cette transformation d’un symbole de la révolution en celui de la réaction ? Le triomphe du mensonge sur la vérité. Car il ne s’agit pas d’une simple falsification de la mémoire ancestrale par une tradition mystificatrice. Mais plutôt d’une pièce maîtresse dans le catalogue de nos corruptions à conserver pour ne pas sombrer dans des désillusions.

En tant que symbole de l’unité nationale, le drapeau représente néanmoins le symbole de l’identité nationale. Dans la mesure où cette identité est plurielle, l’emblème national s’en ressent dans les couleurs qui symbolisent l’identité nationale. La solidarité et l’harmonie ont été sacrifiées au profit des luttes intestines pour le pouvoir. En prenant un plaisir volontaire à se défaire du savoir, les élites coloristes (mulatristes et noiristes) ont brouillé les frontières de l’histoire et de la vie réelle. Et en tentant de rétablir la vérité, les élites noiristes ont dérivé dans leurs ambitions et procédé à un autre brouillage en produisant d’autres mythes pour asseoir leur influence politique et sortir de la mystification. La répression tonton-macoute a porté la jeunesse à ne pas prendre pour agent comptant les thèses historiques défendues par les historiens noiristes duvaliéristes. Comme l’expliquent Claude et Bonaparte Auguste : « Pour notre part, nous avons établi l’existence depuis la guerre de libération nationale de deux drapeaux, l’un bleu et rouge créé en février 1803 et non le 18 mai 1803…l’autre noir et rouge dont l’existence est révélée, dès le 19 mai 1803 [9]. »

Un exemple de fissures

Le drapeau haïtien noir et rouge a des significations multiples. D’abord, c’est celle de l’unité des Noirs et des Mulâtres ; des anciens libres et des nouveaux libres. Par contre, après la guerre du Sud (1799-1800), le drapeau bleu et rouge a symbolisé l’unité des élites noire et mulâtre. Mais cette unité des élites ne mettra pas du temps pour se fissurer dès 1806 avec l’assassinat de Dessalines. Ce fut une unité superficielle à mille lieux de l’unité réelle du peuple haïtien dans toutes ses composantes. En effet, les soldats de l’armée de Toussaint Louverture qui ne s’étaient jamais rendus aux troupes coloniales de Leclerc, dont les Sans-Souci, Jasmin, Macaya, Sylla, Jacques Tellier, Vamalheureux, Cacapoule, Mavougou, Lamour Dérance, etc., seront tous déclarés chefs de bande par les généraux vainqueurs et exécutés. Ces hommes avaient refusé de se soumettre à l’autorité de Dessalines qui s’était rallié aux troupes françaises pendant qu’eux-mêmes guerroyaient dans les montagnes contre l’occupant. Qu’on se rappelle que les généraux Pierre Cangé et Magloire Ambroise de l’ancienne armée de Rigaud se rallièrent à Lamour Dérance en 1803.

L’imposition du drapeau bleu et rouge a affecté la solidarité et le dialogue entre les différentes composantes de la nation haïtienne. Le tour de force réalisé par Alexandre Pétion a été de faire du bleu et rouge la référence nationale. Son influence s’est étendue à d’autres domaines parmi lesquels la liberté, l’indépendance nationale, l’unité nationale, la souveraineté nationale, l’État haïtien et l’âme nationale. Notre identité de peuple s’en est trouvé affectée non seulement par le bovarysme de nos élites se voulant des Français noirs, mais aussi par la marginalisation et l’exclusion de notre paysannerie inscrite dans ce bovarysme. La réponse au « Ki moun ou ye », c’est-à-dire à la question de notre identité, est restée vague et incertaine pour la grande majorité de la population mystifiée par le colorisme politique.

Savoir qui on est, maîtriser son identité, constitue le premier pas vers la libération. C’est le premier pas vers l’autre, vers celui qui ne nous ressemble pas, vers l’altérité. En pensant l’autre comme une part cachée de nous-mêmes, nous avons construit notre identité à travers la destruction de cet autre. En fondant notre construction psychologique de peuple à partir du refus de l’altérité, la distance s’installe et grandit entre les catégories de couleur de la population, sous l’œil vigilant du racisme international. Les luttes de pouvoir vont accroitre les hostilités entre les catégories de couleur et provoquer des pogromes sous Soulouque, sous Salomon, sous Duvalier, sans compter le climat de peur connu de 1946 à 1950, particulièrement avant et après l’affaire Viau-Rémy au cours de laquelle furent assassinés les deux protagonistes noir et mulâtre [10]. Face aux forces de la mondialisation, celles de l’identité refont surface sous de multiples formes, à droite comme à gauche, avec de multiples pratiques de réenracinement populiste. La démagogie du « repli identitaire » est une solution de façade dans une logique de soustraction des valeurs universelles prônées par la modernité [11].

Si, comme le dit Frankétienne, « l’identité est une quête, une construction » [12], dans le cas de l’Haïtien, cette construction s’est faite sur des fondations d’argile. Sur le refus de la filiation africaine à la base de l’haïtianité mais aussi et surtout à la base de l’humanité. Ce refus de l’héritage africain se manifeste sur plusieurs plans et dans les différentes composantes de l’identité (langue officielle, religion, représentations dominantes, imaginaire, symbole, etc.) dont le drapeau. La « fièvre identitaire » des élites porte ces dernières à s’identifier à la France considérée comme la référence en termes de savoir-vivre et de savoir-faire. Cette « fièvre identitaire » a bloqué la mise en valeur des savoirs africain et populaire tout en renforçant « les sentiments instinctifs d’identification ethnique et de solidarité raciale [13] » au sein de la minorité dirigeante.

Les conséquences de cette option identitaire se sont manifestées au cours du XIXe et du XXe siècle dans l’organisation de l’économie d’une part et dans les relations extérieures d’autre part. L’identification à l’ancien oppresseur colonial est restée fondamentale, moins dans l’exaltation de 1789 et des Droits de l’Homme que dans les forces de la Restauration royaliste qui imposèrent l’indemnité de 1825. La valorisation de la culture française scellée dans le Concordat de 1860 prenait la France comme modèle de référence et s’accompagnait du refus de la pluralité et de la diversité. Demesvar Delorme le dira en clair : « Ce pays a soutenu une longue guerre contre la France et cependant la nation qu’on aime le plus c’est encore elle [14]. » C’est aussi le cas avec Louis Joseph Janvier qui écrit « Haïti est la France noire [15]. »

Dans la recherche d’une appartenance, les élites haïtiennes ont décidé qu’Haïti ne s’identifierait pas à l’Afrique et encore moins aux États-Unis d’Amérique où l’esclavage existait jusqu’en 1865. Les élites coloristes ont donc fait le choix de l’Europe et en particulier de la France, comme lieu de référence en agitant officiellement la langue française et la religion catholique comme les éléments centraux de leur carte d’identité. Les élites s’associent donc aux commerçants étrangers, souvent experts en corruption, escroquerie et contrebande de toutes sortes, pour garder leur pouvoir politique et économique. Au XIXe siècle, les élites coloristes animeront un combat pour l’hégémonie au cours duquel certaines factions s’allieront à l’Allemagne contre la France afin de conquérir le pouvoir politique. Au XXe siècle, les allégeances des élites ont changé vers les États-Unis d’Amérique qui ont multiplié à l’infini leurs interventions dans la vie sociopolitique et économique du pays.

La construction de l’identité haïtienne connaitra au XXe siècle une autre étape avec le noirisme appelant à la valorisation d’un « homme haïtien avec des cheveux crépus, l’épiderme foncé, le créole comme langue de communication [16] ». Cette autre face de la médaille de la recherche identitaire a eu surtout depuis 1946 des vagues de mobilisation articulées autour du dévoiement de la pensée de Jean Price Mars et aboutissant à la négritude totalitaire de François Duvalier qui orchestra le rétablissement du drapeau noir et rouge en 1964. Qui en même temps lui donne le coup de grâce par la géométrie répressive qu’il enfonce dans les têtes à coups de marteau, de crosses de révolver et de fusils. Duvalier s’empare de l’identitaire et transforme la vertu en mensonge. Le pays est plongé dans une telle mascarade par ce régime sanguinaire qu’à sa chute en 1986, il fallait se dissocier de tout ce qui le symbolisait, d’où le rétablissement du drapeau bleu et rouge dans la Constitution de 1987.

Depuis le rêve est devenu un cauchemar. Une errance. Les tontons macoutes et leurs émules ont essaimé en refusant au pays de penser et de se penser. Avec l’accumulation des malheurs, de la déréliction et de l’imbécillité, le traumatisme est profond. La vie est devenue la mort et vice versa. L’échec est palpable à tous les niveaux. Parlant de ce gâchis, un critique dira : « Nous appartenons à une génération perturbée qui cherche ailleurs que chez elle des modèles de grands hommes. Notre sens de responsabilité envers notre patrimoine a été fortement ébranlé, car la génération des moins de trente ans ne retrouve plus aucune attache à la terre de ses ancêtres. Il est plus que temps de prendre conscience du fait que notre avenir repose sur la récupération et la sauvegarde de notre identité. Cette survie de notre peuple repose sur la sauvegarde et l’importance donnée à notre patrimoine culturel, historique, immatérielle [17]. »

Un patrimoine qui doit être soumis à une critique sans concession afin de pouvoir en faire une réelle mise en valeur. Car ce « patrimoine informationnel constitué des savoirs, savoir-faire, règles, normes propres à la société [18] » nous lègue de bonnes mais aussi et surtout de mauvaises habitudes qui ont permis à l’anarchie et au brigandage de passer entre les mailles du filet depuis plus de deux siècles. La tendance s’est nettement affirmée montrant qu’il ne s’agit pas simplement d’un groupe d’irréductibles qui ne jurent que par l’illégal, quand ce ne sont pas des lois exprimant la défense des intérêts des puissants. L’esprit du peuple (Volkgeist) a été perverti par l’esclavage, le servage et la servilité dans la création d’un ordre social basé sur l’arbitraire des tenants du pouvoir. Un arbitraire dont l’un des piliers est l’ordonnancement juridique de la société et l’ignorance du plus grand nombre. Appelons tous à une immersion hors du réel de la boîte noire qui a produit les fantasmes collectifs entourant les couleurs du drapeau haïtien et la destruction de notre environnement à plus de 98% .

Je vous remercie pour votre attention.

……………….

* Economiste, écrivain

[1] Timoléon Brutus, L’homme d’airain, vol. 2. P-au-P, Imprimerie de l’État, 1947.

[2] Michel Aubourg, Le drapeau dessalinien, Port-au-Prince, Haïti, Imprimerie de l’État, 1964.

[3] Hénock Trouillot, « Le drapeau Bleu et Rouge, une mystification historique », in Revue de la Société Haïtienne d’Histoire, de Géographie et de Géologie, numéro 104, Vol. 30, Imp. Théodore, P-au-P, janvier-avril 1958.

[4] Odette Roy Fombrun, Le drapeau et les armes de la République d’Haïti, P-au-P, Éditions Deschamps, 1987.

[5] Claude et Bonaparte Auguste, Pour le drapeau, – Contribution à la recherche sur les couleurs haïtiennes, Canada, 1982.

[6] Thomas Madiou, Histoire d’Haïti, Tome VIII, op. cit., p. 62.

[7] Jean Ledan fils, « Le drapeau haïtien », Le Nouvelliste, 15 mai 2007. Lire aussi Jacques Cauna, Toussaint Louverture et l’indépendance d’Haïti : témoignages pour un bicentenaire, Paris, Karthala, 2004.

[8] Lt. Vaisseau Babron, Précis des opérations maritimes du mois de Brumaire, affaire du 26 [18 Novembre 1803], évacuation du Cap, notes sur la position et les forces actuelles de Saint Domingue et de la Jamaïque (Frimaire 12 [c. Décembre 1803]), CC9A/36, CC9/B20, Archives Nationales, Paris, France. Lire aussi Leslie Manigat, Le drapeau de l’Arcahaie et de la deuxième phase des guerres d’indépendance, P-au-P, Haïti, 18 mai 2003, p. 13.

[9] Claude et Bonaparte Auguste, Pour le drapeau, op. cit., p. 48.

[10] Leslie Péan, Économie politique de la corruption — Le saccage, Tome III, Paris, Maisonneuve et Larose, 2006, p. 72-78 et p. 383-392.

[11] François Laplantine, Je, nous et les autres, Paris, Le Pommier, 2010.

[12] Franck Etienne, L’identité culturelle haïtienne, Bruxelles, 8 novembre 2000.

[13] Léon-François Hoffman, Haïti : Lettres et L’être, Éditions du GREF, Toronto, 1992, p. 19.

[14] Demesvar Delorme, Les théoriciens au pouvoir, Paris, Plon, 1870, p. 182.

[15] Louis-Joseph Janvier, La République d’Haïti et ses visiteurs (1840-1882), Paris, Marpon/Flammarion, tome 1, 1883, p. 57.

[16] Franck Etienne, L’identité culturelle haïtienne, op. cit.

[17] Savannah Savary, “Pour une renaissance de l’identité haïtienne”, Le Nouvelliste, 10 décembre 2009.

[18] Edgar Morin, La méthode, tome 2, La vie de la vie, Paris, Seuil, 1980, p. 245.

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Bilan et contre-bilan

14 mai 2011 – 14 mai 2012 : un an de mandat de Martelly

Publié le lundi 14 mai 2012

Ce 14 mai ramène le 1er anniversaire de la prestation de serment de Michel J. Martelly comme 56ème chef d’Etat haïtien. Il lui reste 45 mois au pouvoir, s’il décide de partir le 7 février 2016. Que les jours passent vite !

Le président s’époumone à dresser le bilan de cette première année dans des médias qu’il n’écoute pas, selon ses propres termes. C’est dire qu’il ne croit convaincre personne, et pour cause, de son bilan très insignifiant, après un an de gouvernance dont le moins qu’on puisse dire c’est que les bonnes intentions ont primé sur les actions salvatrices prônées par le candidat qui s’était fait passer pour l’apôtre du changement, contre la classe politique traditionnelle qu’il avait royalement conspuée. Or, un an après cette percée fulgurante dans l’arène politique aidé, bien sûr, de l’étranger, où en est M. Martelly ?

Il revendique la scolarisation gratuite de près d’un millions d’écoliers. Un programme dont il faut encore qu’il arrive à convaincre parents, directeurs d’écoles et enseignants de l’impact et de la véracité des chiffres avancés. Dans sa grande majorité, l’opinion publique reste sceptique par rapport au succès de ce programme, en dépit de la campagne tonitruante faite autour dans les médias d’Etat et dans les rues avec les affiches géantes et coûteuses à l’effigie du chef de l’Etat disséminées partout, notamment à Port-au-Prince, au mépris de l’article 7 de la Constitution contre le culte de la personnalité..

A ce programme se rattache celui du transport gratuit d’écoliers dont M. Martelly s’enorgueillit de façon particulière, en promettant de l’intensifier et de l’étendre au reste du pays.

L’un des résultats dont se réclame M. Martelly est également la relocalisation de bon nombre de déplacés internes de la zone métropolitaine, notamment ceux du Champ-de-mars. Sans vouloir réduire à zéro l’effort gouvernemental et présidentiel dans ce domaine, il est normal de signaler qu’un bon nombre de ces déplacés se trouvent encore au Champ-de-Mars et s’inquiètent de leur sort. Et, il faut aussi noter que les premiers succès ne sont pas forcément ceux de l’action présidentielle de manière exclusive, mais bien ceux de certaines ONG et des bailleurs internationaux, notamment le Canada.

A d’autres niveaux, M. Martelly anticipe sur les retombées de certaines initiatives, dont le moins qu’on puisse dire est que les résultats escomptés, s’ils doivent se produire, se situeront plutôt dans la 2ème année de son mandat. Il cite en ce sens le parc industriel de Caracol et les perspectives de création d’emplois qu’il engendre ; la construction d’une nouvelle centrale électrique dans le département du Centre ; l’arrivée d’investisseurs du secteur touristique et la construction en cours d’au moins un hôtel international à Pétion Ville.

M. Martelly met également à son actif la nomination des juges manquants à la Cour de Cassation.

Il avance aussi les résultats de la diplomatie d’affaires, notamment en direction des pays de l’ALBA. Les retombées de celle-ci ne devraient pas tarder, promet-il.

Pour d’autres réalisations dont il revendique la paternité, il faut noter qu’il s’agissait, pour la plupart, d’initiatives prises par le gouvernement précédent. C’est le cas de nombreux ouvrages inaugurés par M. Martelly. On pourrait avancer maints exemples illustrant cet état de fait.

Alors, quid du réel bilan de la 1ère année ?

Posons la question différemment : la 1ère année devait-elle donner droit à un véritable bilan vu les conditions dans lesquelles elle s’est déroulée ?

Le chef de l’Etat est parti très vite en guerre contre le parlement qui ne comptait d’ailleurs pas plus de deux députés issus de son parti, dont il n’avait même pas, de surcroit, le contrôle.

Ignorant ainsi le rôle du parlement dans le système politique en vigueur, (a-t-il changé à ce sujet ?), M. Martelly n’a pas négocié le choix de ses candidats premier ministre Daniel Rouzier et Bernard Gousse. C’est plutôt le parlement qui a finalement fait choix de M. Gary Conille comme premier ministre, M. Martelly s’étant résigné à entériner le choix secret de cette personnalité vraisemblablement par des secteurs de la communauté internationale.

Le mariage « morganatique » n’allait pas tenir. Et, finalement, après l’événement retentissant de l’arrestation d’un député en fonction, ce fut le départ de M. Conille au fort de la controverse autour de la présumée nationalité étrangère du chef de l’Etat et du dossier de corruption haitiano-dominicain à travers les compagnies du sénateur et homme d’affaires dominicain « Tonton Nwèl » Felix Bautista.

Tous les dossiers épineux que M. Martelly avait promis d’attaquer demeurent intacts :

Tout reste à faire en matière de protection de l’environnement. Les premières averses de la saison sont venues nous rappeler le niveau effrayant de précarité du pays ;

Le chômage demeure à son niveau le plus élevé. Même les travaux à haute intensité de main-d’œuvre initiés dans le cadre du ramassage des décombres d’édifices détruits par le séisme du 12 janvier, n’ont pas pu diminuer la pression concernant les demandes d’emplois ;

Sur le plan institutionnel, si les vacances à la Cour de Cassation ont été comblées, le CSPJ n’est toujours pas installé, en dépit des revendications exprimées à ce sujet dans le secteur judiciaire ; aucune décision sérieuse n’est prise concernant l’amendement ou non de la Constitution ; on n’est pas également au courant d’une quelconque mesure concernant l’organisation des élections législatives partielles et de celles pour les collectivités territoriales. La dernière décision en date, pas du tout rassurante par rapport à l’objectif d’organisation d’élections dans le pays, c’est celle annoncée par le Ministère de l’Intérieur relative au changement de statut des maires qui deviennent désormais de simples agents de l’Exécutif. Pour combien de temps ?

Au plan sécuritaire : on ne saurait attribuer à une quelconque performance des forces de sécurité nationale et étrangère les accalmies périodiques constatées en matière de criminalité. Les derniers cas de meurtres sur la personne de policiers en est une preuve. La criminalité suit le rythme, et même les caprices, des bandits. La précarité en matière de sécurité est donc la règle et les actions contre le banditisme l’exception.

M. Martelly n’a pas pu tenir sa promesse de rétablir l’armée au cours de sa 1ère année de mandat. Par contre, on assiste à une remobilisation anarchique de celle-ci qui fait courir des risques énormes à l’ordre établi et à la démocratie.

Rappelons en conclusion, dans le cadre du bilan de la 1ère année de Martelly, ses nombreux voyages à l’étranger, au début de son mandat. D’aucuns s’interrogent encore sur l’utilité de ces voyages et leur coût pour le Trésor public.

On n’est pas prêt d’oublier également le caractère arbitraire des premières mesures adoptées par M. Martelly, telles la nomination unilatérale des délégués départementaux et de nombreux directeurs généraux.

Il faut tout aussi bien rappeler : les affronts publics faits à la presse ; les marques flagrantes d’irrespect envers le parlement et ses membres ; l’intrusion intempestive du chef de l’Etat chez le premier ministre Conille au moment où celui-ci recevait des parlementaires.

Enfin, il y a eu la crise subite d’avril 2012 du chef de l’Etat qui l’a contraint à un séjour médical aux Etats-Unis au cours duquel les spéculations les plus diverses sur la vraie nature de sa maladie ont failli occasionné une aggravation de la crise politique.

L’un des traits majeurs du « style Martelly », tel qu’on a pu le constater au cours de la 1ère année, est le refus de dialogue réel avec les secteurs autres que ceux se trouvant dans le cercle intime du « chef ». A ce sujet, sa démarche vis-à-vis de nombreux ex-chefs d’Etat ne s’est inscrite dans aucun cadre d’ouverture réelle à la participation de tous à l’action gouvernementale.

Quelles sont les résolutions de M. Martelly pour sa seconde année de mandat ?

Les différentes interventions publiques du chef de l’Etat ne permettent pas de répondre à cette question. Est-ce à dire que ce sera le même “tempo” pendant la seconde année et jusqu’à la fin ?

S’il en est ainsi, on peut se hasarder à croire que l’enfer continuera d’être pavé de bonnes intentions, probablement jusqu’en 2016.

Marvel DANDIN

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Michaëlle Jean se fâche

Haïti agonise, le pays est à bout de souffle, à bout de tout, selon l’ex-gouverneure générale du Canada. Il est plus que temps de redresser la barque. “La Nation n’est pas immortelle” prédit Mme Jean

Publié le mardi 15 mai 2012

Ottawa, 14 mai 2012

Déclaration de la très honorable Michaëlle Jean devant l’impasse politique qui perdure en Haïti.

De notre entière responsabilité.

L’heure est grave. La Nation n’est pas immortelle, elle agonise. Le pays est à bout de souffle, à bout de tout. Le monde entier assiste, sans plus d’illusion, au spectacle désolant des impasses politiques haïtiennes qui se succèdent à coup de rivalités partisanes et stériles, d’inquisition sur des questions insensées comme celle de la double nationalité, alors qu’Haïti a besoin du concours de toutes ses filles et de tous ses fils, de les voir répondre à l’appel des aïeux, si souvent sublimé, mais si peu suivi, devenu lettres mortes : “l’union fait la force !” De l’union nous n’avons que faire, nous lui préférons la division et les affrontements sans fin. Tant et si bien, que nous n’avons pour force que celle d’enfoncer davantage notre terre et toute une population dans la précarité, l’abjecte pauvreté, la misère, le désarroi.

Il m’arrive, je l’avoue, d’avoir honte de cette pitoyable trahison de nos exploits et de nos conquêtes d’antan. Trahison de nos aspirations les plus nobles à la liberté, l’égalité et la fraternité. Trahison de nos rêves les plus grands de briser toutes les chaînes.

J’ai mal à mon cœur d’Haïtienne d’être interpellée par ceux, sourire en coin, qui tirent la ligne et ne voient plus en Haïti qu’un pays foutu, déliquescent, sans boussole, sans État, sans avenir, un tronc pourri, un monde de corruption et, certains n’hésitent pas à le dire, d’incapables.

J’assistais récemment à une table ronde où le verdict à propos d’Haïti était impitoyable, tant la situation bloquée des derniers mois est accablante. Voir des élus déterminés non pas à se retrousser les manches, mais à sacrifier l’intérêt de l’ensemble sur l’autel de l’obstruction systématique, sans retenue, sans foi ni loi, est insoutenable. L’exercice perdure et il est d’une cruelle irresponsabilité. Ce désordre assassine un pays et le plonge dans les ténèbres, dans une confusion telle que des esprits nostalgiques se prennent à regretter l’ordre des anciennes dictatures.

Le mouvement violent des plaques tectoniques n’est rien à côté. On aurait cru cette catastrophe, sans commune mesure, capable de rappeler à la raison et à la discipline.

On espérait un sursaut d’humanité, un pas décisif vers une éthique du partage. Chassez le naturel, il revient au galop. L’équipée est bien relancée dans la médiocrité. Car médiocres nous sommes si nous ne nous ressaisissons pas. Médiocres, si nous n’arrivons pas à réaliser l’unité nécessaire et à mettre de côté l’égoïsme et nos intérêts particuliers. Médiocres, si nous refusons le dialogue et le compromis historique salutaire au nom du bien commun, du pays à refonder, d’une Haïti nouvelle à créer. Médiocres, si nous restons englués dans l’indifférence chronique et la fuite en avant qui nous caractérisent devant l’échec qui pourtant crève cruellement les yeux à chaque carrefour. Médiocres, dans notre manque d’audace, de courage et de cohérence. Médiocres, dans notre complaisance, notre contentement aveugle, et notre fatalisme alors qu’il faut de toute urgence, ensemble, redoubler d’efforts. Médiocres, face à la jeunesse en mal de modèles à suivre et d’opportunités, pour le présent comme pour l’avenir.

Pourtant, il pourrait en être autrement. Nous pourrions montrer ce dont nous sommes capables, cesser de renaître du désespoir, faire preuve de vision, créer de toute notre énergie, de tous nos cœurs et nos cerveaux volontaires, l’espoir. Encore faut-il que nous le voulions. La volonté collective nous fait défaut, elle n’est toujours pas au rendez-vous. Autrement, nous investirions tout pour un gouvernement au plus vite constitué ; un État viable ; des institutions fortes ; une fonction publique remembrée et compétente ; un accès universel à des services de santé sur tout le territoire ; des écoles et des programmes de qualité avec des maîtres formés ; une université d’État remise sur les rails avec un campus dans le Nord à démarrer et d’autres à construire dans chaque région du pays ; un système de justice accessible, efficace, indépendant et fiable ; une police nationale professionnelle capable de garantir la sécurité des lieux, des personnes et des frontières et de participer au développement ; des collectivités plus fortes qui participent de manière décentralisée à la croissance locale, régionale et nationale ; des organisations de la société civile incluses dans le mouvement de relève et impliquées dans la recherche de solutions aux problèmes affligeants ; une économie diversifiée pour un redressement de la production nationale et la création d’emplois, de leviers et de niches sur tout le territoire ; l’agriculture priorisée, la pêche et les métiers de la mer organisés ; l’entreprenariat facilité ; des lois, des règles, des codes édictés pour la sécurité publique et pour mettre fin au chaos général, à l’incurie dangereusement mortifère ; une politique énergétique et de reboisement innovatrice ; la propreté et la salubrité partout pour notre plus grande fierté, notre intégrité et notre sens de la dignité ; des citoyennes et des citoyens dont on reconnait les droits et libertés, mais qui sont aussi conscients de leurs devoirs.

Il y a exactement un an, un président démocratiquement élu passait la cocarde à un autre, légitimement choisi lui aussi par la voie des urnes. Le nouveau président de la République n’aura pas eu la partie facile pour former un gouvernement et le consolider, tant le terrain est miné. Que l’on comprenne qu’empêcher, retarder la formation d’un gouvernement est pur sabotage, irresponsable et suicidaire. Le temps est compté, chaque jour, chaque mois dans l’impasse est un coup de massue asséné à la nation. Le monde nous regarde non plus désolé, mais décontenancé face à un tel bourbier politique totalement déshonorant. Sans gouvernement, le pays, déjà au bord du précipice, ne se relèvera pas, tous les efforts seront engloutis.

Le pays c’est nous, chacune et chacun d’entre nous. Sa réussite dépend aussi de nous.

Je dis « nous », ne cherchant pas à m’extraire du destin de la terre qui m’a vue naître.

Il est de notre entière responsabilité de montrer ce que nous sommes vraiment capables d’accomplir.

Michaëlle Jean

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Prise de fonction du Premier ministre et de son gouvernement

A la veille de l’événement, Laurent Lamothe a tenté d’esquisser une future politique sociale au profit des plus pauvres tandis que son ministre de l’intérieur, Thierry Mayard Paul, classé parmi les plus puissants du régime, a promis la loyauté au Premier ministre

Publié le mercredi 16 mai 2012

Michel Martelly doit présider mercredi matin au Palais National la cérémonie d’investiture du Premier ministre Laurent Lamothe avant de procéder lui-même, un peu plus tard dans la journée, à l’installation de plusieurs des nouveaux membres du cabinet ministériel.

24 heures avant de succéder officiellement à Garry Conille, démissionnaire depuis fin février, l’homme d’affaires et ami proche du chef de l’Etat a présenté à la presse les 22 membres du gouvernement en mettant l’accent sur le rôle stratégique confié aux ministres déléguées chargées de la promotion de la paysannerie, Marie Mimose Félix, et de la lutte contre l’extrême pauvreté, Rose-Anne Auguste. Ce secteur représente l’un des axes prioritaires de la politique de la nouvelle administration, car l’extrême pauvreté touche 60% de la population et la fracture sociale bloque tout élan vers le développement, a martelé Lamothe.

Il a aussi fait état de mesures prophylactiques qui seront adoptées en vue de mater l’insécurité et d’apporter les réponses appropriées au phénomène de l’insalubrité dans la région métropolitaine de Port-au-Prince à travers le second volet du projet baptisé « ville propre ». Une attention spéciale sera également accordée au processus de reconstruction.

Longtemps présenté comme le grand rival de Laurent Lamothe, son ministre de l’intérieur et chef de cabinet du Président de la république, Thierry Mayard Paul, a fait assaut de politesse en promettant une loyauté totale au Premier ministre après l’avoir présenté comme son “ami personnel”.

Le nouveau locataire de la Primature pourra compter sur le soutien de tout l’entourage de Michel Martelly, a laissé entendre Me Mayard Paul

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A l’investiture du gouvernement, Martelly table sur des résultats rapides et le leadership de Lamothe

Le nouveau Premier ministre s’interdit tout échec et annonce l’évaluation dans 90 jours de son équipe dont la performance est particulièrement attendue en matière de politique de justice sociale

Publié le jeudi 17 mai 2012

Le Président Michel Martelly a exhorté mercredi le nouveau gouvernement à se mettre rapidement au travail en vue de répondre aux besoins de la population, lors de la cérémonie d’investiture du Premier ministre Laurent Lamothe dont il a vanté l’énergie et la volonté, à l’entame de la deuxième année du quinquennat de l’ancien chanteur.

« Laurent, je compte sur toi », a lancé devant des officiels et invités réunis au Palais National le chef de l’Etat en soulignant que le nouveau locataire de la Primature était pour lui « un ami de longue date et un partenaire politique des premiers instants ».

Adressant une mise en garde aux titulaires des différents ministères contre toute tendance à minimiser « l’impatience de la population » confrontée à d’énormes problèmes socio-économiques, Michel Martelly a insisté sur la nécessité de développer des stratégies d’intervention à même de satisfaire les revendications des différentes couches sociales.

Ce cabinet constitue « un gouvernement de femmes debout, en action, pour des résultats concrets », a répété en créole le dirigeant haïtien en mettant l’emphase sur le dépassement du quota de 30% de représentation des femmes dans l’espace politique réclamé par les milieux féministes. D’ici la nomination des secrétaires d’Etat, la présence féminine au sein de la nouvelle administration -sept ministres pour l’instant- passera à 40%, a prédit Martelly.

De son côté, le Premier ministre Lamothe a déclaré d’entrée de jeu à l’attention de son équipe « qu’aucun échec ne sera acceptable » et prévenu que ceux qui ne pourront pas se mettre à la hauteur de leurs responsabilités devront céder la place à d’autres plus motivés et déterminés. Dans cette perspective, il sera procédé à l’évaluation de la performance des différents ministères dans l’application de la politique gouvernementale au bout des trois prochains mois.

S’engageant à nouveau à matérialiser les promesses électorales de l’ex-chanteur de Compas arrivé au pouvoir en mai 2011, le successeur de Garry Conille a notamment parlé de refondation de la nation et d’inclusion sociale. Une politique qui, dit-il, ne pourra être mise en oeuvre qu’avec la simplification et l’accélération des procédures de décaissement de fonds.

Après l’investiture au Palais, Martelly a procédé à la Primature à l’installation de l’homme d’affaires de 40 ans, également ministre des affaires étrangères, en l’absence très remarquée de son prédécesseur démissionnaire depuis février après de graves conflits avec le Président.

L’entrée en fonction de la nouvelle équipe gouvernementale s’est poursuivie avec l’installation de plusieurs ministres et la tenue du premier conseil des ministres retransmis en direct à la télévision.

Parmi les personnalités présentes au siège de la Présidence figuraient notamment les présidents du Sénat, Dieuseul Simon Desras, de la Chambre basse, Levaillant Louis-Jeune, de la Cour de cassation, Me Anel Alexis Joseph, les anciens Sénateurs Joseph Lambert, Youri Latortue et Michel Clérié, tous trois conseillers du chef de l’Etat, et la star du hip-hop Wyclef Jean

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Haïti/politique: l’ex sénateur Joseph Lambert employé au palais national.

 Par Pierre-Paul ANCION

Le président Joseph Michel Martelly vient de nommer l’ex sénateur de la République élu du sud-est Joseph Lambert son conseiller politique spécial.

Information confirmée par l’ex sénateur Joseph Lambert lui-même.
Interviewé par l’équipe de l’émission ‘’Sud-est Mag’’, ce vendredi 11 Mai, M. Lambert annonce sa candidature aux prochaines législatives.
‘’Je viens passer cinq mois de recréation chez moi dans le sud-est avant de retourner au sénat de la République continuer ce que j’ai déjà commencé’’ a déclaré avec naturel Joseph Lambert.
Commentant ses funérailles symboliques que les membres du Mouvement pour appuyer la Majorité (MAM) ont chanté le mercredi 09 Mai dernier, le sénateur Lambert se compare à Jésus Christ qui selon lui a eu de nombreux ennemies parce qu’il prêchait la bonne nouvelle et essayait d’aider les hommes à retrouver le droit chemin.

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Jacmel/société: Le sénateur Zenny dénonce l’équipe Martelly -Conille qui financerait des hors la loi à Jacmel.

Par Pierre-Paul ANCION

‘’Je demande au président Martelly de m’expliquer à quel titre son équipe finançait les anciens militaires se regroupant sur le nom de Mouvement pour appuyer la majorité (MAM)’’ déclaration faite ce jeudi dans la presse jacmélienne par le sénateur du sud-est Edwin Zenny.

Ce dernier accuse l’état haïtien de financer des hors la loi, des anciens voleurs, des assassins qui selon lui devraient être en prison, mais malheureusement s’abritent sous l’épithète d’anciens militaires de la FAD’H.
Selon le sénateur Zenny ce dossier engendre une petite différence entre lui et le chef de l’état actuellement.
‘’Il y a de ces dits anciens militaires qui sont des voleurs. Ils volent de fortes somme en République voisine et viennent construire de grandes maisons à Jacmel, croyant que ces constructions pourraient leur donner une certaine notoriété…, je dis à ces gens qu’ils ne sont rien que des voleurs’’ a martelé le sénateur Zenny, qui un peu plus loin, conseille au président Martelly et à son équipe de prendre une certaine distance par rapport au MAM.
Le Mouvement pour appuyer la Majorité est une organisation socio politique dirigée par un ancien maire de Jacmel Jackson Bellevue. MAM est apparemment pro Martelly et épouse la cause des militaires démobilisés dans le sud-est et est très critique envers l’ancien régime : INITE de René Préval.
Ce Mouvement est actuellement l’une des rares organisations du sud-est à oser se positionner ouvertement contre l’ex sénateur du sud-est Joseph Lambert et sa politique.
Ce mercredi 09 Mai 2012, moins de 24 heures après l’échéance du mandat de six ans du sénateur Lambert, le MAM a organisé les funérailles politiques symboliques de l’ex sénateur Lambert Joseph.
Au cours de ces funérailles le MAM et les dix autres organisations supportant ce marche pacifique ont demandé au président Martelly de s’affranchir de Joseph Lambert et sa cour.

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Haiti Gold Mining: Precious Metals May Be Way For Country To Move Forward

Haiti Gold Mining: Precious Metals May Be Way For Country To Move Forward

By MARTHA MENDOZA 05/11/12 05:02 PM ET

 

TROU DU NORD, Haiti — Its capital is blighted with earthquake rubble. Its countryside is shorn of trees, chopped down for fuel. And yet, Haiti’s land may hold the key to relieving centuries of poverty, disaster and disease: There is gold hidden in its hills – and silver and copper, too.

A flurry of exploratory drilling in the past year has found precious metals worth potentially $20 billion deep below the tropical ridges in the country’s northeastern mountains. Now, a mining company is drilling around the clock to determine how to get those metals out.

In neighboring Dominican Republic, workers are poised to start mining the other side of this seam later this year in one of the world’s largest gold deposits: 23 million ounces worth about $40 billion.

The Haitian government’s annual budget is $1 billion, more than half provided by foreign assistance. The largest single source of foreign investment, $2 billion, came from Haitians working abroad last year. A windfall of locally produced wealth could pay for roads, schools, clean water and sewage systems for the nation’s 10 million people, most of whom live on as little as $1.25 a day.

“If the mining companies are honest and if Haiti has a good government, then here is a way for this country to move forward,” said Bureau of Mines Director Dieuseul Anglade.

In a parking lot outside Anglade’s marble-floored office, more than 100 families have been living in tents since the earthquake. “The gold in the mountains belongs to the people of Haiti,” he said, gesturing out his window. “And they need it.”

Haiti’s geological vulnerability is also its promise. Massive tectonic plates squeeze the island with horrifying consequences, but deep cracks between them form convenient veins for gold, silver and copper pushed up from the hot innards of the planet. Prospectors from California to Chile know earthquake faults often have, quite literally, a golden lining.

Until now, few Haitians have known about this buried treasure. Mining camps are unmarked, and the work is being done miles up dirt roads near remote villages, on the opposite side of the country from the capital. But U.S. and Canadian investors have spent more than $30 million in recent years on everything from exploratory drilling to camps for workers, new roads, offices and laboratory studies of samples. Actual mining could be under way in five years.

“When I first heard whispers of this I said, `Gold mines? There could be gold mines in Haiti?’” said Michel Lamarre, a Haitian engineer whose firm, SOMINE, is leading the exploration. “I truly believe this is our answer to taking care of ourselves instead of constantly living on donations.”

n a rugged, steep Haitian ridge far above the Atlantic, brilliant boulders coated with blue-green oxidized copper jut from the hills, while colorful pebbles litter the soil, strong indicators that precious metals lie below.

“Just look down,” said geologist John Watkins. “Where there’s smoke, there’s fire.”

Nearby, 8-year-old Whiskey Pierre and his barefoot buddies stared at a team of sweat-drenched men driving a narrow, shrieking diamond bit 900 feet into the ground.

“That is a drill!” shouted Whiskey, bouncing on his toes. “The man drill to get gold!”

The workers periodically pulled up samples and knocked them into boxes. The first 40 feet yielded loose rocks and gravel. About 160 feet down, cylinders of rock came back peppered with gold. At 1,000 feet down, rocks were heavily streaked with copper.

Geologists extrapolating from depth and strike reports estimate at least 1 million ounces of gold at two sites. In April, prospectors found the first significant silver ever reported in Haiti: between 20 million and 30 million ounces. And in the end, it may be copper that is the most lucrative: geologists suspect that more than 1 million tons lay in just one of many areas under exploration.

The prices of precious metals have been volatile in recent years, with copper selling for about $8,000 per ton, silver at $30 an ounce, and gold at $1,600 per ounce.

“Ultimately, I think mining is going to dwarf anything else in Haiti,” says Michael Fulp, an Albuquerque, N.M.-based geologist who visited the drill sites. “Usually you’ve got about a one-in-1,000 chance of making a mine from the exploratory stage, but those odds are much better in Haiti because of the lack of any previous modern-day exploration and very, very promising samples.”

Gold was last gathered in Haiti in the 1500s, after Christopher Columbus ran the Santa Maria onto a Haitian reef. Spaniards enslaved the Arawak Indians to dig for gold, killing them off with harsh conditions and infectious diseases. When the Spaniards learned of even more lucrative deposits in Mexico, they moved on.

In the 1970s, United Nations geologists documented significant pockets of gold and copper, but foreigners weren’t willing to risk their cash in a country where corruption and instability has long discouraged outside investment.

Ironically, it was only after the catastrophic 2010 earthquake that investors saw real opportunity. Fifteen days after a seismic jolt brought down much of Port-au- Prince, a Canadian exploration firm acquired all of the shares of the only Haitian firm holding full permits for a promising chunk of land in the northeast.

“Investors want to get in at the bottom,” said Dan Hachey, president of Majescor Resources, the Canadian company, “and I figured after that earthquake, Haiti was as low as it could get.”

Hachey was also betting that the $10 billion in foreign assistance promised for earthquake recovery would force change and accountability.

“The eyes of the world will not allow the government to fool around,” he said.

Three firms are considering mining in Haiti, but so far only SOMINE has full concessions to take the metals out of the mountains. Those permits, for 50 square kilometers (31 square miles), were negotiated in 1996 under President Rene Preval and require the firm to hire Haitians whenever possible.

In exchange for minimal permit fees, SOMINE committed to spend $2.25 million in the first two years. In addition, it will pay $1.8 million after a feasibility study, according to the contract.

Bottom line: Haitians should get $1 out of every $2 of profits, compared with about $1 out of $3 that most countries get from mining firms.

Discoveries of rich resources, whether diamonds, oil or gold, often prompt great economic booms but come with great risk of environmental, health and social problems. Chile, one of the wealthiest nations in Latin America, is the world’s largest copper exporter, deriving a third of its income from the metal. Peru, with one of the fastest growing economies in the world, has privatized most of its mines in recent years, and now gets about 20 percent of its total revenues from the industry.

Though the contractual terms are generous for Haiti, there is plenty to be cautious about. Haiti’s government is repeatedly rated as one of the most corrupt in the world. The mines would ostensibly be regulated by government officials responsible for enforcing environmental, mining and corporate laws, but at this point those officials don’t exist and there are neither plans nor budgets to hire them.

Further, open pit mines, common around the world, are crater-like holes made up of a series of massive terraced steps that drop thousands of feet into the ground. When the resources are exhausted, usually after about 25 years, the pits can be refilled or converted into reservoirs. In many cases, the mines leave serious problems – environmental contamination, displaced communities and mountaintops torn asunder.

From Papua New Guinea to the Philippines to Brazil, mining accidents have allowed tons of waste to be spilled into rivers and lakes, creating environmental disasters.

“In low-income countries, the dangers are substantial,” said UCLA political science professor Michael Ross. “The great irony of mineral wealth is that those countries that most desperately need infusions of mineral revenue – low-income countries with weak governments – are also least likely to manage these resources wisely, for the benefit of the country.

Already, the hundreds of jobs, the new roads and the community investment in a country where two out of three people have no formal employment is much appreciated.

Stone cutter Joseph Bernard, 47, says that before he got a job slicing rock samples, his family was going hungry. They had one cow. Their peanut and bean fields had gone to dust after months without rain.

Today, his wife has launched a business selling seeds, and his son and two daughters have started school.

“I found a job, but many didn’t,” he said, wiping a trickle of sweat from his deeply lined cheeks after a recent shift. “If more companies come, more people will work.”

In a sleepy exploration camp at sunset, Hachey and his competitor, Daven Mashburn of Newmont Mining Corp., met to talk business over bottles of Haiti’s Prestige beer, bumping fists in the low-germ “cholera handshake” that has replaced the traditional palm grip after last year’s deadly epidemic.

The men talked labor – Newmont got 10,000 applications for 100 jobs when one project started up last month. They talked logistics – core samples are sliced in half, bagged, and flown to Santiago, Chile, where it takes 21 days to find out how much gold, silver or copper they contain. They talked hurricanes, cholera, political unrest and, yes, the earthquake – Mashburn spent four hours buried under piles of rock in Port-au- Prince, eventually pulled out with fractures from head to toe.

But mostly they talked about gold.

“Of all the places we work in the world,” said Mashburn, whose company has operations in eight countries on five continents, “it would be really most satisfying to have success here. Haiti has great mineral wealth, and they surely could use it.”

Haiti’s Hidden Treasure

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Des Députés « floués » remontés contre le pouvoir, report sine die de la présentation de la politique générale du Premier ministre

Craignant un vote dévastateur pour Laurent Lamothe à cause de l’hostilité de nombreux élus à la décision de l’Exécutif de renoncer à confier le poste de ministre de l’environnement à l’ancien Sénateur Kély Bastien, le ministre chargé des relations avec le Parlement, Ralph Théano, a porté des parlementaires à faire reporter la séance de ratification de la déclaration de politique générale ; l’assimilant à un “espion”, des Députés vexés exigent son exclusion du nouveau cabinet

Publié le vendredi 11 mai 2012

Annoncée comme une simple formalité, la séance de ratification de l’énoncé de politique générale du Premier ministre Laurent Lamothe a tourné court vendredi et débouché sur un report sine die synonyme d’impasse politique entre un régime revenu sur son deal avec ses alliés et des parlementaires s’estimant bernés après la mise à l’écart d’un ex-Sénateur dans la formation du gouvernement.

Désigné dans un premier temps ministre de l’environnement, Kély Bastien, ancien président du Sénat et de l’assemblée nationale, s’est vu finalement retirer ce portefeuille qui devait lui revenir moyennant l’approbation du programme de M. Lamothe mardi soir, quelques minutes seulement avant l’expiration du mandat d’un tiers des membres du Grand Corps.

Qualifiant de forfaiture ce vote au profit d’un homme jugé inéligible, une dizaine de Sénateurs avaient abandonné la salle de séance et évoqué une possible destitution du Président Dieuseul Simon Desras.

La nouvelle donne a mis vendredi en colère des dizaines de Députés, notamment ceux du nord, solidaires de leur ancien collègue humilié, originaire de la même région.

Selon des sources dignes de foi, devant les risques élevés d’un rejet de la déclaration de politique générale du Premier ministre -qui en est à l’ultime étape de sa ratification- comme un diable dans un bénitier, le ministre reconduit chargé des relations avec le Parlement, Ralph Théano, a tout fait pour empêcher la tenue de la séance. Il a pu entraîner dans son sillage une bonne trentaine d’élus favorables à son nouveau patron et restés à l’extérieur de la salle de séance jusqu’au deuxième appel nominal n’ayant pas permis d’atteindre le quorum.

Informé de l’évolution de la situation, Laurent Lamothe ne s’est pas présenté à la Chambre basse en compagnie des membres de son gouvernement, comme il avait convenu de le faire.

Depuis son sauvetage, M. Théano est dans le collimateur de plusieurs parlementaires qui exigent que son nom soit rayé de la liste des ministres arguant que ce personnage serait une « taupe » dont le comportement contraste totalement avec la mission. Antoine Rodon Bien-Aimé (INITE), Fritz Gérald Bourjolly, allié du Président Michel Martelly, et Sorel Jacinthe (INITE) sont de ceux-là et rejettent sur le ministre la responsabilité de l’échec de la séance de ratification tout en réclamant des explications concernant son travail au Parlement.

Représentant de la circonscription d’Aquin (sud), Bourjolly appelle ses collègues à se ressaisir et à ne pas privilégier la recherche de postes ministériels au détriment des intérêts de la population.

Pour sa part, le Député de Croix-des-Bouquets/Thomazeau (ouest), Jean Tholbert Alexis, a exhorté l’Exécutif à relancer le processus de négociation avec les différents groupes parlementaires afin d’éviter une aggravation de la crise. Partisan du respect de l’engagement pris par le Premier ministre Lamothe envers l’ex-Sénateur Bastien, le chef de file du GPR estime qu’une bonne gestion des intérêts de la majorité dans les deux Chambres est indispensable si le successeur potentiel de Garry Conille ne veut pas qu’on lui enlève la confiance dont il jouit.

Outre Kély Bastien, un autre ex-président de l’assemblée sénatoriale, Rodolphe Joazile, à qui le portefeuille de la défense nationale était promis, devrait lui aussi faire les frais du revirement de l’administration Martelly suite à des réactions internationales hostiles à la création de ce ministère dans un pays occupé où l’armée a été dissoute depuis près de vingt ans.

Cette énième crise intervient à la veille de la célébration lundi du premier anniversaire de l’accession à la Présidence d’Haïti de l’ancien chanteur Michel Martelly

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